Épicéa · sapin · mélèze
Le Jura a déjà choisi ses arbres.
Épicéa et sapin pour la lame courante. Mélèze quand l’eau insiste. Chêne pour un détail qui doit durer. Douglas quand la section demande de la nervosité. Rien n’est un rayon universel.
La lame la plus parlée.
Légère, claire, facile à clouer. Elle fend si on la sèche trop vite. Les tavaillons d’antan étaient déjà d’épicéa. Pour un comble vu, on trie les faces. Pour un comble perdu, on trie surtout l’humidité.
Une tranche plus nerveuse.
Le douglas n’est pas l’arbre du second plateau. Il arrive souvent d’ailleurs. Duramen marqué, tenue correcte. On le réserve aux pièces qui travaillent, pas au simple remplissage d’un rampant.
Pesant, lent, fidèle.
On ne volige pas un hectare de rampant en chêne pour le plaisir du mot. On le pose où le clou doit tenir des décennies, où l’usure des passages compte. La machine reste surtout résineuse.
Collé n’est pas menti.
Le bois abouté ou lamellé peut calmer le jeu. Il change le geste : moins de fentes, plus de joints de colle à regarder. On le dit. On ne le déguise pas en « vrai massif oublié ».
Du bois au clou
Le sapin, le mélèze, la face vue.
Le sapin voisin de l’épicéa, un peu plus blanc, un peu plus tendre. Le mélèze pour les rives plus exposées, les débords, les tavaillons d’esprit. Toujours : séchage, classe d’emploi, et l’hiver de Mouthe qui juge.
Guide des essences